Langage de bonze. Langage d’homme et langage de femme
Sei Shônagon
Il y a beaucoup de choses particulières, un partenaire, par exemple (blague musicale de mauvais goût)
mais suivons plutôt Sei, et parlons langage.
parce que pile poil, c’est ça que j’aime dans les langues, c’est que chacune est particulière, chacune a sa propre manière d’exprimer certaines choses.
pour prendre un exemple connu : il pleut des cordes se traduit en anglais par il pleut des chiens et des chats. (et pourquoi pas, finalement, s’il pleut des cordes, voire des hallebardes, il peut aussi bien pleuvoir des chiens et des chats, non? c’est peut-être juste un peu bruyant, voilà)
pour prendre un exemple moins connu : plutôt que de dire bonne nuit et de faire un bisou pour souhaiter une bonne nuit, en anglais on peut kiss good night, littéralement bisou bonne nuit, mais en traduction complète, ça donne faire un bisou pour souhaiter une bonne nuit, mais kiss good night c’est quand même plus sympa.
ou encore la langue des signes, qui a une syntaxe complètement différente du français parlé. Pour dire : jusqu’à Noël je fais pousser des lentilles dans mon appart
je vais signer:
appart à moi dedans, jusquà Noël, lentilles je fais pousser (quoique la position du “je”, je n’en suis pas bien sûre)
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signes : langue des signes française / syntaxe (source: Wikipedia)
en allemand, quantité de déclinaisons, avec une différenciation entre le masculin des êtres vivants et le masculin des objets, sans parler, bien sûr, du genre neutre, qui peut concerner des êtres vivants !
en polonais, des déclinaisons qui sont différentes suivant qu’on parle d’un homme ou d’une femme : “Patricia” devenant ainsi “Patricio” au vocatif (pour donner un ordre, par exemple), “Christophe” donnant sans doute “Christophou” (hihi).
en japonais, pas de déclinaison ni de conjugaison, une syntaxe très simple, par contre des niveaux de langage incompréhensibles, ou presque, aux mentalités occidentales.

kanas (hiraganas et katakanas) de base avec leur transcription dans le système Hepburn (source: Wikipedia)
ça rend les traductions compliquées mais c’est ça qu’est chouette, c’est ça qui rend l’apprentissage des langues riche et formateur, parce qu’au delà de la langue, on apprend aussi un bout de fonctionnement autre du cerveau, un bout de la culture de l’autre, de sa façon de voir le monde (c’est ça qu’est chouette).
oui, là, je m’enflamme un peu, mais bon, c’est la fin de l’année faut dire aussi.