ou : de la préparation du yaourt sans yaourtière, en musique

et en images

devant le succès inattendu de mon livre de chevet de cuisine (ou vice-versa), voici une petite explication sur la fabrication de yaourts si, comme moi, vous n’avez pas de yaourtière ; bon vous pourriez peut-être en avoir une, mais voyons les choses en face, y a plus de place dans la cuisine, alors hein…
Cette méthode vous est offerte par le biais du livre suivant :
(c’est rigolo, d’ailleurs, sur amazon, le livre est proposé en lot avec une yaourtière – comme de par hasard)
Attaquons.
Il vous faut :

- un litre de lait entier (surtout pas écrémé, les bactéries du yaourt n’auraient rien à se mettre sous la dent)
- un yaourt au lait entier (bio de préférence, les pitites bactéries du yaourt préférent)
la parenthèse du ferment
le yaourt sert à lancer la fermentation du lait et sa transformation en yaourt en apportant les précieuses bactéries qui vont bien (je vous renvoie pour votre culture générale à l’article de wikipedia sur le yaourt ou yogourt ou yoghourt).
à cette fin, on peut aussi utiliser directement du ferment lactique mais j’ai préféré pour une première expérience utiliser un yaourt, ce qui n’est pas forcément d’une logique imparable, mais pour tout vous dire, je me suis dit que, au pire, si j’ai la flemme de faire des yaourts, j’ai juste un yaourt et du lait à terminer, alors que du ferment lactique, si je l’utilise pas pour faire du yaourt, j’en fais quoi, hein?
en fait tout cela est très logique finalement, et puis voilà.
pour la tournée suivante de yaourts, l’idée est de réutiliser un des yaourts de la présente fournée comme nouveau ferment. Cette boucle n’est toutefois possible qu’un certain nombre de fois (vue la fabrication artisanale, les bactéries n’y survivent pas non plus infiniment).
fermons la parenthèse du ferment
il vous faut aussi:
- des pots de yaourt ou assimilés
- un sourire idiot (non en fait ça c’est pas obligatoire)
- et enfin, un four qui puisse être réglé à 40°C

la parenthèse du lait
bon, là, j’avoue, je suis un peu intriguée, parce que le livre dit que si le lait est frais, alors il faut le faire bouillir avant de l’utiliser. sauf que le lait dit frais, en fait, il est pasteurisé ou microfiltré, en tout cas débarrassé de ses bactéries, donc je ne vois pas l’intérêt de le faire bouillir. si c’est du lait cru, alors oui, je comprendrais l’angoisse et la parano bactério, mais sinon?
fermons la parenthèse du lait
toujours est-il, le livre dit “faites bouillir”, j’ai fait bouillir… mais je crois que la prochaine fois je zapperai cette étape, on verra bien.
en attendant que le lait bouille…

lisez (par exemple)
faites attention quand même que le lait ne déborde pas – je suis un peu une spécialiste du lait qui déborde et qui en fout partout sur les plaques, du coup maintenant je ne couvre pas complètement la casserole, ce qui permet de profiter du spectacle des jolies bubulles à la surface du lait.

(là il ne t’aura pas échappé, lecteur au sens de l’observation exacerbé, que le couvercle est complètement ôté, c’est pour les besoins de la photo, c’est ce qu’on peut appeler un artifice scénique)
puis une fois que le lait a bouillu (le livre dit de faire bouillir pendant 1/4h mais bon là faut pas non plus pousser mémé dans les orties), il faut le laisser refroidir juqu’à 40°C.
o_O
heu comment je sais, moi, que le lait a atteint les 40°C?
O_o
(des fois les livres de cuisine mériteraient des baffes)
bon, comme la recette avec yaourtière indique “lait à t° ambiante ou légèrement tiédi”, on va dire qu’on va attendre que ça refroidisse, et puis voilà.
en attendant que le lait refroidisse…

tricotez (autre exemple)
puis c’est simple, mélangez le yaourt avec le lait.

En vrai, ce n’est pas si simple, car le yaourt est plutôt bien consistant, le lait parfaitement liquide, il faut donc rendre le yaourt vaguement liquide pour bien se mélanger au lait. Mais bon, rien qu’un bon coup de fourchette ne saurait résoudre.
Ensuite, répartissez dans les pots de yaourt ou assimilés, et mettez au four préalablement préchauffé à 40°C (j’aurais dû le dire avant qu’il fallait préchauffer le four, je sais, maintenant je vous ai fait foirer votre recette puisque je vois bien que vous suivez pas à pas, un oeil sur votre écran d’ordi, l’autre sur votre mélange lait+yaourt, je ne recommencerai plus, promis).

oooooh c’est beau!
vous noterez: pas de couvercle, c’est fait exprès, c’est ce que dit le livre (et moi, quand un livre dit quelque chose, j’ai tendance à le croire)(mouais…. disons que c’est valable à peu près pour un livre de cuisine…).
Il faut laisser les yaourts 2h (!) à 40°C, puis, four arrêté mais porte du four fermée, laisser les yaourts “prendre” pendant au moins 6h avant de les mettre au frigo (tout ça c’est pour laisser le temps aux pitites bactéries de se reproduire dans tous les sens, une vraie orgie, là-dedans)(pas de risque, toutefois, hein, c’est des bonnes bactéries).
la parenthèse des bactéries
ok la biologiste-écologiste en moi ne peut résister : il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises bactéries, il y a juste des bactéries dangereuses pour l’homme ou au contraire bénéfiques pour l’homme, voire il doit y en avoir des neutres, mais j’en sais rien en fait.
Et donc les bactéries naturelles du yaourt, celles qui font le yaourt, ce sont des bactéries bénéfiques à l’homme, en tout cas pas du tout dangereuses.
fermons la parenthèse des bactéries
en attendant que le yaourt soit prêt,

allez dormir
ou tiens, non

préparez votre note de blog!
Et maintenant passons aux questions de nos lecteurs. En fait il y en a une.
Oui mais comment je fais moi si j’ai pas de four qu’on puisse régler à 40°C?
hé bien le livre propose deux autres solutions (en dehors de la yaourtière, bien sûr), si c’est pas magique :
- la cocotte-minute
- le thermos (méthode présentée toutefois comme la méthode à n’utiliser que si vraiment vous pouvez pas faire autrement, parce que vous avez trop envie de yaourt (enfin pas avant 6h, malgré tout) et vous n’avez qu’un thermos sous la main (et du lait et du yaourt malgré tout) et peut-être que c’est une question de vie ou de mort)(bon si vous avez tellement envie de yaourt, autant manger direct le yaourt, hein, moi ce que j’en dis)
bref.
ne reculant devant aucun sacrifice, n’écoutant que mon courage, pour toi, lecteur, j’ai testé aussi la technique du thermos.
(mais pas la technique de la cocotte-minute, parce que j’en ai pas, de cocotte-minute :-])
alors donc, pour le thermos, que dit mon livre?

“faites comme pour la cocotte-minute”
ah ben comme ça ce sera fait.
alors donc il s’agit de faire bouillir de l’eau dans la cocotte-minute, puis de vider l’eau et de la remplacer par les pots de yaourts ou assimilés, sans leur couvercle, refermer la cocotte-minute et attendre (6h environ, comme pour le four).
sauf que, une cocotte-minute, pour y faire bouillir l’eau, on la place sur le feu, on attend et voilà.
pour le thermos, c’est plus compliqué. J’ai donc dû faire preuve d’une imagination sans pareille : j’ai fait bouillir de l’eau dans une bouilloire (dingue), que j’ai ensuite versée (l’eau, pas la bouilloire) dans le thermos, j’ai attendu un peu, vidé l’eau et l’ai remplacée par le mélange lait+yaourt, direct comme ça dans le thermos.
la parenthèse de mise au point sur la technique du thermos
en fait c’est parce que le yaourt est préparé direct dans le thermos que la méthode du thermos est présentée comme pas idéale : pour vider le thermos du yaourt, il faut le secouer un peu, le yaourt, qui sera donc fatalement un poil liquide, en plus du fait que la température idéale n’étant pas maintenue, ça prend de toutes façons moins bien que dans un endroit où la température est maintenue, comme le four, ou la yaourtière, ou encore – attention, autre méthode – la cocotte-minute avec un fond d’eau à 40°C (mais je me demande bien comment s’assurer que l’eau est à 40°C).
fermons la parenthèse de mise au point sur la technique du thermos
et que dit madame playmobil?
madame playmobil dit:
attention à la capacité de votre thermos: même s’il fait un litre, alors votre litre de lait + yaourt pourrait ne pas y rentrer.
De mon côté j’ai pas eu de problème, mon thermos fait bien moins qu’un litre, mais j’ai utilisé le même litre de lait + yaourt pour les pots et assimilés et pour le thermos.
et on dit merci qui?
merci madame playmobil!
une fois le yaourt versé, laissez reposer, allez dormir tout ça tout ça, non sans avoir vérifié que votre thermos n’aura pas trop froid – le livre conseille par exemple de couvrir la cocotte-minute d’une couverture.
du coup j’ai donné un look trop pop à mon thermos.

hihi.
Sur ce, je ne vais pas rater cette occasion en or :
1. d’entretenir le suspens
2. d’avoir deux posts pour le prix d’un
3. de faire une histoire à épisodes
vous saurez donc tout sur la réussite de l’opération “yaourt sans yaourtière” au prochain épisode!
bonne soirée, et bonne nuit!