philosophie du pouce

aujourd’hui je vais vous parler de mon pouce.
alors oui bien sûr j’entends d’ici la page des râleries se remplir à vue d’oeil (oui, je sais, « entendre à vue d’oeil », c’est un peu exagérer, j’en entends même dire « faut pas poucer », ce qui est ma foi assez drôle, on croirait du Devos, toute modestie mise à part).
Oui bien sûr, je pourrais vous parler du pérou, plutôt que de vous parler d’un sujet aussi trivial que mon pouce, c’est vrai, parce qu’il y en a des choses à dire, en plus. Mais justement, tellement de choses à dire que ça va prendre du temps de faire le tri dans tout ça. Et puis je vais avoir besoin de gribouillis et autres croquis pour appuyer mes dires, et les gribouillis et croquis ne se font pas en un jour, et en l’occurrence quand on a mal au pouce, et ben c’est encore plus difficile de les faire, les gribouillis croquis.

Parce que, oui, j’ai mal au pouce.
et l’air de rien, avoir mal au pouce, ça amène vachement des réflexions dans la tête. sisi.

déjà ça rappelle à quel point notre statut de mammifère à pouces préhensiles (ou pouce opposable) est précieux. Sans pouce opposable, l’homme n’est plus grand chose, et la femme pas beaucoup plus. comment attraper la souris facilement? comment tenir un livre sans risque de le voir se refermer inopinément? comment même extirper le livre d’un sac résolument trop petit pour un tel volume? (ça pourrait être sujet d’un autre post ça d’ailleurs, la quadrature du sac et du livre) comment tenir son mug de thé? toute chose indispensable à l’homme moderne… et à la femme, n’en parlons pas.
alors bien sûr, j’ai bien tenté la technique dite de la pince, tout attraper dans le creux des autres doigts. Mais honnêtement, c’est un poil ridicule. En plus le truc essentiel pour ne pas avoir mal au pouce est de le détendre, tout en faisant fonctionner les autres doigts, ce qui est difficile après presque 30 ans de bonnes habitudes de pouce opposable. Il se crispe, le bougre, dans l’attente du livre à choper, du mug à soulever, et de la souris à faire glisser…

non la vie ce n’est pas facile sans pouce.
même sur le clavier par exemple. Mon pouce avait sa tâche, simple mais honorable de gestion de la touche espace.
Comment l’en empêcher, le pauvre. la dactylographie ne se désapprend pas en un jour. hé non. et puis qui pour prendre la relève? hein? qui? le petit doigt? c’te blague. aucune envergure, aucune détente, rien à faire. sinonyalasolutionoublionslatouchespacemaispourmoic’estrudeàgérer…

cruelle déception également, il me faut accepter définitivement le fait que je ne suis pas ambidextre (ça a toujours été comme un rêve, un idéal, allez comprendre, d’être ambidextre). Car bien sûr c’est le pouce droit qui fait bobo, et je suis droitière. J’ai bien essayé de compenser le pouce défaillant à l’aide du pouce opposable opposé (le gauche, quoi, faut suivre), mais nouvel échec. utiliser la souris? nul. ouvrir un pot de miel? pathétique. Me verser une cuillère de miel? n’y pensez même pas.
d’ailleurs, à ce propos, avez-vous déjà noté que les appareils photos étaient faits exclusivement pour les droitiers? Mais oui. Le truc pour agripper est à droite, ainsi que le bouton d’enclenchement. c’en serait presque honteux. on devrait monter une association de défense des gauchers et des bobos du pouce droit pour démocratiser les appareils photos ambidextre.
Heureusement mon appareil photo est une perle (pas touche Mistigree), j’ai réussi malgré tout à prendre une photo de ma main droite de la main gauche (cette phrase est correcte, commencez pas à râler):

pouce!

car oui, j’ai eu la mauvaise idée d’empaqueter ma main dans un ruban blanc, histoire de maintenir un peu le pouce.
ce fut désastreux. Non seulement ça n’a en rien arrangé mon pouce (c’est même pire, comme s’il entendait pester contre l’immobilisation), mais en plus non mais regardez moi cette main comme elle n’est pas belle dans ce bandage? c’est pas que j’ai des mains de super star, mais elles ont un look tout à fait acceptable en temps normal (oui j’aime bien le look de mes mains, on fait ce qu’on peut hein), mais là c’est vraiment n’importe quoi, je vais me plaindre à h*nsaplast, tiens.

bref tout ça pour dire, on fait ce qu’on peut pour tenir en haleine les lecteurs avant les nouvelles du pérou, mais le coup du pouce c’est quand même pas mal trouvé.
enfin vous pouvez me plaindre un petit peu, j’ai quand même vraiment mal.
merci, et au plaisir.

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7 réflexions au sujet de « philosophie du pouce »

  1. Question cruciale: à quoi l’as-tu donc utilisé, ce pouce, pour avoir mal comme ça, hein? Non que je sois soupçonneuse mais …

    > c’est vrai, c’est une question cruciale, d’ailleurs je te remercie (ou pas) de l’avoir posée.
    parce que la vraie vérité, c’est que je ne sais pas… (oulala que de mystère) je me suis réveillée, l’autre matin, avec mal au pouce. alors somnambulisme? ou mauvaise position de sommeil? peut-être que jamais nous ne le saurons…. (sur une musique de x-files)

  2. Tiens, il est à l’heure d’hiver ton blog? (Comme notre été quoi …)
    (Parce que là moi j’ai 23h41)

    >hé ben voilà une autre remarque cruciale, à laquelle encore une fois je n’ai pas de réponse. Le mystère s’épaissit…

  3. Dans un livre le Patient Anglais. il y a un personnage, un italien, un voleur, qui porte le nom d’un peintre. Il a été pris en train de voler, on lui a coupé les deux pouces en représailles.

    > non mais moi j’ai rien fait, je veux pas perdre mon pouce! je demande une contre-expertise votre honneur!

  4. Ma pôvrette! (c’est le passage où je te plains, faut en profiter)
    J’espère que ça ne s’attrape pas avec le désir d’être ambidextre (mon égoïsme revient, je n’y peux rien, il est plus fort que moi).
    As-tu essayé de tenir ton appareil photo à l’envers? (tout se retrouve en bas à gauche au lieu de en haut à droite, quant à la photo, même avec un pouce inopposable, tu devrais arriver à la faire pivoter).
    T’as intérêt à nous raconter bientôt le Pérou. (et ça ce sont des menaces)

    > tiens j’avais pas pensé, le coup de l’appareil à l’envers. c’est pas aussi évident que ça mais ça pourrait le faire…
    quant à tes menaces, sache-le, jamais, tu m’entends, jamais je ne répondrai à ces tentatives aussi basses que téméraire d’intimidation. (mais ça vient ça vient) :-p

  5. T’as la rate qui s’dilatte
    T’as le pouce qui s’émousse
    Ah Bon Dieu! que c’est embêtant
    Je ne suis pas bien portant. (Gaston Ouvrard)
    Ca vous chatouille ou ça vous gratouille ? (Jules Romain)
    Le poumon vous dis-je ! Le poumon ! (Molière)
    Envoyez-là à la radio et faites-lui NFS, chimie, iono. Ca va aller ma puce, ce n’est rien (docteur Carter, Urgences)

  6. tiens ça me rappelle une comptine ton histoire oooooohhh combien malheureuse de pouce !!
    tention : trois, quatre :
    1 petit pouce qui marche
    1 petit pouce qui marche
    1 petit pouce qui marche
    et ça suffit pour s’amuser
    (en chantant on actionne son pouce de haut en bas)
    tention : trois quatre : 2ème couplet
    2 petits pouces qui marchent
    2 petits pouces qui marchent
    2 petit pouces qui marchent
    et ça suffit pour s’amuser……
    (là tout en chantant on actionne les 2 pouces)

    Essaye tu verras c’est rigolo……hein ?? quoi??? tu peux pas t’as mal au pouce!! aaaaahhhh pardon j’avais pas compris !! ;-)

    bon ok je sors !! hi!!

    > hihi ça me fait un petit exercice de détente du pouce en chanson…
    bon comme je connais pas l’air, va falloir que tu me fasses une démonstration la prochaine fois qu’on se voit (début décembre? du côté de Strasbourg?)
    héhé ;-)

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