Les mains sales

j’aurais pu appeler ce thread « l’optimisme en cuisine », parce que l’optimisme, c’est un peu indispensable quand on se lance dans la cuisine, pour faire face à ses pièges multiples, ses incompréhensions, ses dilemmes et ses hésitations…

ce soir, par exemple, mon optimisme a été mis à rude épreuve, on peut le dire il était à deux doigts (sales) de craquer…

tout avait pourtant commencé dans une sereine confiance, je m’étais lancée dans la confection d’une pizza, à l’aide de ma machine à pain. pas de problème, le livret de recettes proposait une recette de pâte à pizza, et même la marche à suivre pour la suite. alors je me lance, l’eau, le sel, l’huile, la farine, la levure.

je reviens au bip de la machine, et là, horreur et putréfaction, la pâte est presque liquide. bon ok j’exagère, mais elle était suffisamment visqueuse pour ne pas être appelée « boule de pâte ». c’est pas comme ça chez le pizzaiolo quand il prépare ses pizzas, c’est vraiment bizarre.
alors à quoi c’est dû? à une recette toute pourrite? à une machine à pain à TH variable? (genre selon les humeurs de madame) est-ce que peut-être la minuterie était en cause? (j’ai lancé la machine (pas trop loin) le matin pour préparer la pizza le soir) sauf que dans ce cas, a priori, c’est plutôt de l’eau que j’aurais perdu, j’aurais plutôt eu une pâte plus ferme, non?

bref, toujours est-il, en attendant j’avais mis les deux mains dans la pâte, et je me retrouvais un peu bête à ne pas savoir quoi faire. enfin j’avais bien une vague idée: rajouter de la farine. seulement les deux mains dans la pâte (visqueuse je le rappelle), sans cobaye pour nous filer un coup de main (mettre la main à la pâte, quoi, haha), c’était coton. alors j’ai pris mon pied (si j’ose dire) pour ouvrir le placard (vraiment, hein, j’ai ouvert le placard avec le pied, je ne cache rien, mais non j’ai pas de photo, faut pas exagérer non plus), et j’ai mis ma main toute pleine de pâte sur le paquet de farine, et tant pis pour le paquet de farine.
et j’ai rajouté de la farine, et j’ai commencé à pétrir la pâte direct dans la cuve de la machine à pain, j’vous explique on se sent un peu bêta. quand la pâte a commencé à prendre forme, je l’ai sortie de la cuve, et – malheur! – j’ai essayé de l’étaler avec le rouleau à pâtisserie. fallait pas, non vraiment fallait pas.
toute collante qu’elle était la pâte, que y en avait plein le rouleau, que c’était une horreur.

pizza du désastre

alors bon, moi la pâte à pizza je connais pas bien, me voilà bien embêtée à pas savoir quoi faire, les deux mains toujours pleines de pâte. bon, faudrait que je compulse internet, oui mais là les mains ça va pas le faire. bon, je pourrais compulser un de mes livres, oui mais là les mains ça va pas le faire.
bon, ok, je chope une serviette-essuie-tout, qui forme une sorte de manique protectrice, mais pas anti-brûlure pour cette fois, mais anti-pâte-à-pizza-sur-les-livres (vraiment, dommage, aucune photo de cette épique lutte pour la survie de la pizza).

un premier livre, les 1001 astuces pour tout réussir dans la cuisine, un titre un peu comme ça, alléchant, pour ne pas dire aguicheur, pour un livre qui explique quand on a raté un truc comment le rattraper, ça part d’une bonne idée, mais tout est expliqué une fois que la cuisson est faite. (je sais même pas si je vais y arriver, moi, à la cuisson!)
deuxième livre, un guide pratique de la cuisine, très généraliste, mais ouf il y a un chapitre « pain », et ouf ils expliquent le pétrissage « jusqu’à ce que la pâte soit lisse et élastique ». hé ben voilà, je vais donc continuer le pétrissage… mais là où ça m’énerve un peu, c’est que le livret de recettes de la màp, là, jamais il dit qu’il faut pétrir. il dit « abaisser la pâte », depuis quand « abaisser la pâte » c’est pétrir? comment je suis censée savoir, moi, hein? alors bon foin du livret de recettes (y raconte n’importe quoi celui-là), je rajoute encore un peu de farine, je prends mon courage ma pâte à deux mains, et vas-y que je te la pétris, que je te la retourne, que je te lui mets de l’air là-dedans (j’avais lu chépuoù qu’il fallait y mettre de l’air).
et là miracle, petit à petit, la pâte devient moins pâteuse, moins collante, j’arrive même presque à avoir des mains sans pâte. la cuisine c’est aussi ça, des petits miracles quand on avait perdu presque tout espoir.

(1 mn de recueillement, merci)

enfin on est encore loin du compte, là, s’agit maintenant d’étaler la pâte. sauf que. hé oui. le rouleau, là. l’est plein de pâte. rien à faire, j’ai beau y mettre de la farine, il colle obstinément à la pâte. alors tant pis, ce sera étalage de la pâte à la main, pour la pizza pâte fine, on repassera.

ouf. enfin, la pâte est étalée (difficilement, avec recollages de trous in extremis et manque total de régularité), j’ai même un petit paton de côté pour mon pain de demain matin.
ouf. y a plus qu’à mettre la garniture: purée de tomate, mozzarella, jambon, olives, courgettes marinées, herbes de provence, gruyère. c’est bon c’est fait, le four est préchauffé, la pizza, ouf, est au four. bon allez je vais quand même refaire confiance à mon livret de recettes, ce sera 20 mn de cuisson, c’est parti.

à ce stade, j’en ai plein les mains : des restes de pâte sur les ongles et les poignets, du gras de jambon et d’olive, un peu de jus de mozzarella, de l’huile des courgettes et même un peu de gruyère échappé de la râpe. c’est à ce moment-là que je me suis dit, je vais appeler mon post « les mains sales ». et c’est ce que j’ai fait.

et le résultat, me demanderez-vous? hé ben c’était trop cuit, mais c’est ma faute, j’y ai rajouté un oeuf dessus à la fin de la cuisson, et j’ai laissé dans le four histoire de faire cuire un peu l’oeuf. ça a suffi pour récupérer une pizza un peu trop dure, mais ma foi fort mangeable…

(la prochaine fois, je m’occuperai toute seule de la pâte, la màp pourra aller se faire cuire un oeuf)

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Une réflexion au sujet de « Les mains sales »

  1. excellent … j’ai beaucoup ri en t’imaginant les mains collantes … et c’est toujours dans ces instants de grande détresse que … le téléphone sonne !!!

    > oh lala heureusement que j’ai échappé à ça, la détresse, le grand instant de solitude que ça aurait été! ;-)

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