Curcuma en anglais se dit Turmeric…

…Mais en français comme en anglais, voilà bien une épice dont je ne sais absolument pas quoi faire. Oui, ça teint en jaune le riz et c’est chôuli. Oui, c’est une composante classique du curry et en conséquence je l’ajoute dans mes mélanges maison quand je me lance, dans un élan aussi fou que téméraire, dans la confection d’un curry.

Mais à part ça, je n’ai jamais bien saisi à quoi il servait vraiment, ce pauvre curcuma.

Et voilà-t-y pas que j’apprends, au détour d’une page internet, que le curcuma est une teinture alimentaire assez classique en Inde, servant par exemple pour teindre les vêtements des moines bouddhistes. Comme ce monsieur ci-dessous, se baladant innocemment et élégamment dans cette SUPERBE TOGE JAUNE CURCUMA!

Buddhist Monk

Vous pensez bien, mon sang ne fit alors qu’un tour, et je décidai qu’un jour je testerais cette merveille jaune-orangée.

L’occasion se présenta quand je:

1/ fis l’acquisition d’un superbe cône de laine blanche

un secret bien gardé 2

Rien qu’un petit kilo de pur mérinos, qualité mistral de chez Caf’e Tricot Studio… Un bonheur à tricoter, je ne vous dis que ça.

2/ me portai volontaire pour tester un nouveau patron de châle créé par Marie-Adeline, nommé Gaïa, une pure beauté, croyez-moi.

Une pure laine, un pur patron, mais tout cela en blanc? Hé bien non. Hors de question. Un châle blanc, c’est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine: une catastrophe en attente. D’où teinture. D’où curcuma. D’autant que le prototype que j’avais vu arborait une superbe couleur jaune moutarde, qui m’avait donné envie de virer vers le jaune.

Ce que je fis.

Et comme je n’avais pas envie de mettre toute cette laine en écheveau (forme classique pour la teinture), pour ensuite me retrouver avec des bouts de laine à rentrer, ce que j’évite si je tricote direct depuis le cône, hé ben je tricotai donc direct depuis le cône, et pris la décision franche et définitive de teindre le châle une fois fini.

Il ressemblait à ça:

4 avril 2014

Déjà fort beau, mais bon, blanc.

Après recherche internet et divers tests, j’en vins à la conclusion que plus y a de curcuma, mieux c’est, et que pour obtenir la couleur qui me plaisait le plus, j’aurais besoin en curcuma du double du poids de laine sèche… Soit pour un châle de 400g (pas mal, la bête, non?), environ 800g de curcuma… mazette. Autant vous dire que les petits pots qui se décarcassent, c’était même pas envisageable. J’ai direct visé le sachet monstre de chez Tang Frères.

le châle et le curcuma

C’est qu’on rigole pas avec la teinture par ici.

Et après zou, c’est parti.

Première étape, la préparation de la laine: idéalement, il faut la faire tremper dans de l’eau pendant au moins 1h, et pourquoi pas, toute la nuit, histoire qu’elle soit bien imbibée, ce qui lui permettra d’absorber la teinture comme il faut par la suite (et comme la laine, c’est plein d’air, l’imbibation peut prendre du temps)(mais libre à vous de ne pas laisser tremper trop longtemps et d’obtenir alors un effet « teinture extérieure » qui peut être très chouette aussi). J’ai ensuite fait chauffer le châle dans l’eau additionnée d’alun (20g) et de crème de tartre (28g) pendant 1/4h.

En parallèle, préparation du curcuma: c’est simple, il faut faire infuser dans de l’eau. Longtemps. 3/4h minimum. Et ensuite filtrer. Ça, c’est beaucoup moins simple, et on arrive sur la partie dramatique de mon histoire, n’hésitez pas à préparer les mouchoirs.

Parce que filtrer le curcuma infusé, c’est en fait carrément super relou. Je ne me suis pas méfiée, parce que j’avais fait un essai avant, et ça s’était bien passé, mais je n’avais pas réalisé qu’entre 15g de curcuma à filtrer et 800g, y aurait comme qui dirait une légère disparité. J’ai utilisé un vieux collant dans lequel je faisais passer l’infusion, mais le curcuma avait profité de l’infusion pour gonfler et absorber l’eau et ça formait une sorte de pâte à peu près impossible à essorer.

Après bien trop longtemps de galère d’essorage et de pressage de curcuma, et une fois le liquide d’infusion et le liquide de trempage à la même température, j’ai mis la laine dans le premier et rallongé avec le deuxième. Et j’ai fait chauffer, pendant environ 1/2h. Et là, deuxième volet dramatique: le châle arborait une couleur pâlichonne, plus saumon (!?) que jaune orangé. Mon infusion de curcuma était trop diluée.

Horreur! Malheur!

Mais qu’à cela ne tienne, je n’allais pas me laisser avoir par cette déconvenue, et sans aucune pitié, je suis allée récupérer mes collants pleins de pâte de curcuma, et je les ai vidés dans la casserole de teinture, j’ai mélangé tout ça en priant pour que rien ne feutre (rien n’a feutré) et j’ai relancé la cuisson pendant 1/2h.

Hé oui, la séance d’essorage ultra relou, j’aurais pu m’en passer. Autant vous dire que j’avais un peu les boules. Mais passons, c’est pour la bonne cause.

Et pour une bonne cause, c’est une bonne cause, parce que j’obtins alors, après rinçage, séchage et blocage, ce châle magnifique qui m’a consolée direct de mes mésaventures:

Châle Gaïa 2

Tout est bien qui finit bien, et n’ai-je pas l’air innocente et élégante dans mon SUPERBE CHÂLE JAUNE CURCUMA? Je dirais que oui.

Châle Gaïa 7

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Les titres auxquels vous avez échappés:
– I heart curcuma
– Le curcuma m’a mise sur le cul
– Curcuma mon amour
– Une histoire avec du drame, du curcuma, un moine bouddhiste et une fin heureuse

Dernières nouvelles de par ici…

Je suis allée aux moments de libération du fil à Villeurbanne…

13 avril 2013

et j’en parle ici,

et j’ai moyennement craqué…

nouvelle acquisition!

mais c’était pour faire cette beauté:

châle hitchhiker

du coup je n’ai aucun regret,
et je pourrais ne continuer
qu’avec des rimes en é
mais je n’ai pas vraiment envie de me faire ch… m’embêter.

Il y a eu aussi un voyage en Italie, où j’ai trouvé plein de prénoms:

prénoms italiens

Où j’ai pris toutes mes photos du jour façon carré instagram – on s’amuse comme on peut:

6 mai 2013 7 mai 2013 8 mai 2013
9 mai 2013 10 mai 2013 11 mai 2013
12 mai 2013 13 mai 2013 14 mai 2013

Et où je n’ai pas acheté un gramme de laine.

Il y a eu aussi un peu de teinture faite:

jaune orange rouge

et une teinture planifiée:

laine jaune

Ainsi qu’un tricot rigolo (mais secret – suspens!):

tricotin à gogo

Et puis il y a un craquage géant:

craquage massif

certes, qui me permettra de faire plein de choses tout en étant fort joli à regarder, mais quand même, craquage. j’ai un peu honte -_-.

J’ai aussi marié ma frangine, ce qui est toujours l’occasion de faire étalage du tricot:

le châle de la frangine 3

(oui c’est moi qui ai fait le châle)(et j’en suis pas peu fière, pour tout vous dire)

Et, incroyable mais vrai, j’ai pu tricoter au soleil (ça nous change):

tricot au soleil

C’est tout pour aujourd’hui!

Teinture alimentaire

Le week-end prochain c’est les Moments de Libération du Fil (oui, les MLF), organisés par la Fraction Armée Révolutionnaire du Tricot (oui oui, la FART).

libération du fil

Les MLF, c’est quoi? c’est des ateliers, des expos, des démos, des stands de créations autour des arts de la laine et aussi un concert à danser le samedi soir – mais allez voir le blog, vous trouverez plus d’infos là-bas.

J’en avais touché quelques mots ici-même à l’occasion du salon de l’aiguille en fête, car figurez-vous que je me suis proposée pour animer avec Shanisette un atelier -incroyable mais vrai- de teinture – what else? comme dirait l’autre.

Pour se simplifier la vie, on s’est dit qu’on partirait sur de la teinture alimentaire, et même de la teinture alimentaire en poudre, qu’une des organisatrices, Marie Mad’, pouvait nous fournir facilement. Et histoire de préparer le terrain et comme je n’avais jamais utilisé cette teinture, je me suis imposée cet immense sacrifice de faire un essai de teinture avec un peu de poudre envoyée par la dite Marie Mad’. Un sacrifice incroyable, vous pensez bien, vous imaginez? faire mumuse avec de la teinture et de la laine? Mais que voulez-vous, je ne suis que don de soi et altruisme quand il s’agit de teinture…

Bref, très vite, plusieurs constatations se sont imposées:

1ère constatation: c’est bien de la teinture.

teinture alimentaire

2ème constatation: la laine blanche commence sérieusement à manquer. Du moins la laine blanche que je suis prête à teindre là comme ça (parce qu’on a bien vu que de la laine blanche y en avait, hein, je sais, mais je ne souhaite pas tout teindre non plus).
Comme me le fit remarquer mon amie Monelle, on peut aussi teindre de la laine de couleur claire – c’est ma foi bien vrai, et ça ouvre d’autres horizons fort intéressants d’essais de teinture – mais en fait même ça je n’ai pas trop (encore une fois, je précise: de laine que je suis prête à teindre là comme ça).

3ème constatation: pour citer un bien bon film, I have no third.

Mon choix s’est finalement porté sur cette laine:

fonty numéro 5

de la fonty toute simple toute belle, que j’avais achetée pour en faire un bonnet, mais les envies de tricot vont et viennent… Finalement, j’en aurais peut-être fait des moufles, mais blanches? j’ai un doute…

Pour la teinture, simplissime, on dilue la poudre dans de l’eau :

teinture alimentaire

J’avais tenté vaguement de faire un effet de dégradé, mais en fait avec très peu de poudre on fait beaucoup donc, vous verrez, le dégradé est peu évident.

teinture alimentaire

Après préparation habituelle de la laine (mise en écheveau et trempouillage dans eau + vinaigre ou eau + acide citrique), on asperge la laine à grands coups de seringue:

teinture alimentaire

ça c’est vraiment la partie rigolote et intéressante, celle où on peut tenter des trucs, laisser son imagination s’exprimer (je n’ose parler de « créativité » dans mon cas, parce que je ne crois pas en être fortement pourvue), et faire mumuse avec les couleurs.

(Notez sur la photo ci-dessus la présence de pastilles vichy, bonbons et pain sec à proximité immédiate du lieu du crime – c’est l’avantage de la teinture alimentaire, au pire on suce des pastilles vertes!)

Les deux pelotes vues de près:

teinture alimentaire teinture alimentaire

(pas beaucoup de vert, les messieurs-dames de la poste ayant fait des miracles avec le paquet, une bonne partie de la poudre verte est très probablement éparpillée entre Villeurbanne et Paris)

On enroule le tout…

teinture alimentaire

…façon « rouleaux de printemps », comme dirait Véron.

et zou au micro-ondes pour deux ou trois passages successifs.

ah oui, j’oubliais! mettez des gants! ah c’est trop tard? oups…

teinture alimentaire

(et encore, j’ai mis des gants en cours de route…)

Laissez refroidir, déballez, rincez, faites sécher…

et admirez…

teinture alimentaire

Je ne sais pas si j’oserai en faire des moufles, mais j’aime beaucoup leurs teintes vives et leurs subtils dégradés…

Pour les intéressés, voici l’article de présentation de l’atelier.

fruits et café, régime assuré

Alors donc, ça y est, la laine est enroulée comme il faut. Maintenant, il s’agit de la teindre.

Vous vous rappelez, quand je planifiais cette teinture, le magnifique dessin que j’avais fait pour illustrer mon idée? Mais si, tellement beau qu’on aurait dit un poème visuel.

tiens, juste parce que c’est vous, je le remets ici:

teinture pentagone et café

hé oui, c’est très beau.

hé ben c’est plus ou moins quasi ce que j’ai fait. plus ou moins. en plus compact. (j’ai pas trouvé de plat hexagonal, le monde est décevant)

voilà donc les kool-aid restants, chacun dans son petit godet:

teinture kool-aid et café 1

la laine, répartie aussi équitablement que possible entre chaque godet:

teinture kool-aid et café 2

(les godets sont plus ou moins remplis, il ne me restait pas la même quantité de chaque couleur, c’est ce qu’on appelle ajouter un peu d’imprévu)

on ajoute (aussi) du café:

teinture kool-aid et café 3

(la différence avec la photo d’avant n’est pas flagrante, mais on voit bien que le bas de la laine est déjà marronnasse)

…on laisse cuire tout ça pendant une petite demi-heure…
on laisse sécher…

teinture kool-aid et café 5

on se dépêtre de l’écheveau comme on peut…

teinture kool-aid et café 6

et… tada!

teinture kool-aid et café 4

oh! ah! un écheveau géant! (enroulé grâce à l’aide précieuse de Monsieur, précisons-le pour ne pas le vexer)(et qu’il consente à m’aider si besoin une prochaine fois)(je suis machiavélique, que voulez-vous)

bon, en vrai c’est le tricot qui dira si oui ou non cette teinture est réussie, mais pour l’instant, j’aime bien les couleurs, c’est déjà ça!

bon, et maintenant, est-ce que vous voyez venir ce qui m’attend? ben oui, parce que, si vous ne le savez pas, un écheveau ça ne s’utilise pas comme ça. Pour tricoter, il faut transformer l’écheveau en pelote. hé oui. donc, d’un écheveau, j’ai fait un autre écheveau. et maintenant de cet autre écheveau il faut que je fasse une pelote. et comment je fais ça, moi? hé oui. le lit a été mis à contribution. à nouveau.
Cette fois-ci je vous épargnerai la vidéo, de toutes façons c’était trop facile, vraiment plus facile que l’enroulage.

Et le résultat, le voilà:

teinture kool-aid et café 7

une pelote! j’aime bien sa tête aussi… quant à son devenir… c’est une autre histoire…

De l’importance de la longueur du fil

Chers amis et néanmoins lecteurs,

Tout d’abord, merci bien pour toutes vos réponses à mon sondage express. Toutefois, et malgré l’enthousiasme débordant que vous avez montré pour un essai là comme ça sans rembobiner l’écheveau, il me faut vous annoncer que, si, j’ai rembobiné l’écheveau.

Pourquoi – me demanderez-vous – pourquoi, malgré notre enthousiasme débordant? Pourquoi, mais oui pourquoi, malgré ta fainéantise bien connue?

Pourquoi? Pourquoi? hein? POURQUOI?

Hé bien parce que, en parallèle à mon sondage, je suis allée demander conseil chez des gens sur ravelry. Et que les gens sur ravelry ont été unanimes ou presque: rembobine! rewind! unwind and rewind!

Et que, surtout, les gens sur ravelry ont trouvé les arguments qu’il faut pour me motiver. Enfin surtout l’argument (au singulier) parfait dont j’avais besoin et qui est le suivant: si on teint la laine sur plein de petites longueurs (comme cela eût été le cas sans rembobinage), il y a un gros risque d’obtenir une laine qui, une fois tricotée, ressemble à ce qu’on appelle vulgairement… du vomi de clown (ou clown barf dans le texte). Alors qu’avec de loooooongues séquences de couleurs, on est plutôt sur une laine qui fait des rayures. ah oui, beaucoup plus tentant. Mais pour avoir de longues séquences de couleurs, il fallait rembobiner. cqfd. c’est ce que j’ai fait.

Mais question: où rembobiner un écheveau pour avoir quelque chose de vraiment long? hein? 2 dos de chaises? mais où les placer dans l’appart pour les éloigner suffisamment (j’ai un appart pas minuscule, mais assez meublé)? autour de la table? est-ce vraiment assez large?

Du coup je suis partie sur le meuble le plus large de l’appart. je vous le donne en mille.

unwind & rewind 1

oui. le lit. admirablement bien fait, qui plus est. non?
au centre, l’écheveau de base.

La mise en place:

unwind & rewind 2

Sur la droite, le dérouleur sur lequel est mis l’écheveau, sur la gauche, le lit (admirablement bien fait, je le rappelle), autour duquel vient s’enrouler la laine pour former le nouvel écheveau…

Et comme la maison ne recule devant aucun sacrifice pour satisfaire ses lecteurs et néanmoins amis (et oublie bien souvent le sens du mot ridicule), une vidéo de l’enroulage:

En cours de route, j’ai un peu amélioré la technique utilisée, mais ça vous donne une idée de l’amusement que ça a été.

Et oui, je chante quand je rembobine mes écheveaux.

Et le résultat final, tout juste enlevé du bord du lit :

unwind & rewind 3

et enroulé (plus ou moins) en écheveau:

unwind & rewind 4

Impressionnant, non?

Depuis le temps, la teinture est désormais faite, mais ça sera le sujet d’un autre article (héhéhé).

Sondage express

L’idée présentée précédemment fait son chemin, alors, à votre avis, est-ce que l’écheveau est suffisamment large pour que chaque couleur puisse s’exprimer dans toute sa splendeur?

sondage express

Sans tenir compte de la chenille dans le coin en haut à droite, qui n’a rien à voir dans tout ça, que voulez-vous, elle se sent obligée de faire de la figuration.

Alors? à votre avis?

Une idée…

… qui m’est venue un matin en me réveillant (mais si mais si).

… de teinture (tiens donc?), pour utiliser les restes de kool-aid de mes expériences précédentes.

… très graphique, très visuelle, il a donc fallu que je la mette en image sous gimp. attention aux mirettes, ça décoiffe… (ben quoi? ça décoiffe les mirettes, oui.)

Je crois que ça se passe d’explication.

non? si?

bon voilà: je trempouille la laine dans les 5 récipients de kool-aid pour avoir une teinture toute magique et inattendue de la laine, en comptant sur la capillarité pour faire son oeuvre.

questionnements/problèmes à résoudre/FAQ avec moi-même:

  • faut-il faire trempouiller la laine avant de la mettre dans le kool-aid?
  • est-ce que je mets tout ça ensemble dans le micro-ondes ou est-ce que je laisse trempouiller pour ensuite emballer dans du film alimentaire avant de mettre au micro-ondes?
  • est-ce que, si je mets tout ça comme ça, il n’y aurait pas besoin dans tous les cas que l’ensemble de la laine soit un minimum humide pour éviter qu’elle ne « grille » au micro-ondes?
  • comment je me débrouille au niveau de la distance à respecter entre chaque couleur? à quel point la capillarité peut-elle jouer?
  • question subsidiaire: y aura-t-il besoin de re-écheveauter ma laine pour avoir un peu plus de longueur et ainsi éloigner les couleurs les unes des autres?

jabronnaise de maco mérinos

  • question subsidiaire de la question subsidiaire: comment je vais re-échevauter sans finir sur un désastre catastrophique du siècle?

 la catastrophe du jour

J’avais aussi pensé interposer du café entre chaque couleur, histoire de calmer le jeu, d’avoir une couleur neutre entre les couleurs flashy.

gimp étant passé par là, ça donnerait quelque chose de ce goût-là (attention, ça va faire très mal aux mirettes cette fois-ci, n’est pas gimpeur professionnel qui veut, hein) :

oh lala mais comme c’est magn-i-fique!

… ce qui entraîne (comme de bien entendu) d’autres questions:

  • la perspective n’est-elle pas quelque peu faussée sur cette image?
  • mais où a-t-elle trouvé un si magnifique plat hexagonal?
  • est-ce qu’il ne s’agirait pas, par hasard, d’une honteuse tentative de masquer une incompétence notoire pour le dessin d’un plat englobant l’ensemble des petits trucs à kool-aid?
  • le truc jaune de kool-aid défie toutes les lois de la gravité et/ou de la perspective, non?
  • et l’art, bordel?

Et sinon:

  • ne serait-il pas plus simple de répartir le café dans des petits godets intermédiaires, auquel cas j’aurais pu m’épargner ce dessin aussi choquant que mal foutu?
  • le micro-ondes est-il assez grand pour accueillir un plat hexagonal de 3m sur 25?
  • ne serait-il pas nécessaire de changer de machine à café histoire d’avoir quelque chose d’un peu plus corsé que ce liquide qui ressemble à du pipi d’équidé à grandes oreilles?

Bref, juste une idée, venue au réveil, mais là il est temps d’aller faire dodo.

ça s’est senti, peut-être?

Opération vidons l’appart: il est temps de faire un bilan

Hé oui, un bilan, car le 15 octobre est largement passé, et le 15 octobre marquait la fin de l’opération destockage massif de laine.

Qu’est-ce que ça a donné? ça a été plus grave que je ne l’espérais, mais moins grave que ça n’aurait plus l’être. Là, dit comme ça, on a l’impression que ça ne veut rien dire, mais promis, si.

Voilà:

– d’un côté j’ai été sage, j’ai respecté presque complètement les règles que je m’étais fixées : je n’ai acheté que 2 pelotes auxquelles je n’avais pas droit, et en plus elles sont pour un cadeau.

witico

– de l’autre, hé bien, il faut bien l’avouer, j’ai utilisé quasiment toutes les portes de sortie (ou soupapes de sécurité) auxquelles j’avais droit. autant vous dire que j’ai abusé des soupapes, voilà.

1/ Je m’étais autorisé un achat de laine pour un cadeau de noël. c’est fait:

mistral bleue

2/ Je m’étais autorisé d’accepter les cadeaux de laine – ben oui, c’est pas comme si on avait vraiment le choix, mais bon. On m’en a offert.

mouton sincère

3/ Je m’étais autorisé de l’achat de laine à chaussettes pour mon projet « chaussettes arc-en-ciel ». Je me suis fait bien plaisir, mais alors vraiment bien (c’est pour mon anniversaire, faut dire aussi).

skein yarns - top draw sock

4/ Mais surtout, je m’étais autorisé de la laine pour teinture. et là j’y suis un peu allée à fond.

laines à teindre

Certes, une grande partie de cette laine est déjà teinte, et pour le reste j’ai une bonne idée de ce que je vais en faire, mais n’empêche, ça reste de la laine qui prend de la place et qu’il faudra bien tricoter un jour, donc honte sur moi – bouuououh!

5/ Il ne me restait guère, comme soupape non utilisée, que de la laine pour un autre cadeau que j’avais en tête, et qui n’a pas abouti (pour l’instant, du moins).

Donc voilà, c’est pas bien.

Encore moins bien, depuis le 15 octobre, je me suis lâchée, j’ai acheté encore de la laine.

laines d'octobre

Toujours pour des projets bien précis, mais tout de même.

ET dernier point, le week-end prochain (ce week-end, en fait), je pars à Felletin, aux journées nationales de la laine. Comment je vais faire pour résister, moi, hein?

Point positif de cette opération, tout de même: j’ai tricoté, tricoté, tricoté, en particulier des vieux trucs que je voulais tricoter depuis longtemps, ou des trucs qu’il fallait que je finisse depuis des lustres, et ça, ça fait plaisir.

15 juillet - 15 octobre

Une opération similaire devrait commencer avant la fin de l’année, je compte bien me poser des règles un peu plus strictes, histoire de moins déraper… tout en gardant des soupapes, sinon y a pas moyen de résister, je le crains…

Couleurs!

Je vais entamer cet article de blog sans aucune transition et en faisant comme s’il n’y avait pas eu un silence impressionnant de plusieurs semaines sur ce blog.
Je vous prierai de respecter ce choix éditorial, merci. :p

Or donc, j’ai participé aux Ravellenics, ou ravellenic games, en particulier à l’épreuve dénommée « hand dye high dive » – ou plongeon dans la teinture. il va de soi qu’avec ce genre de nom d’épreuve, une teinture alimentaire s’impose (je ne plonge pas dans de la teinture chimique, moi, ah non).
ça tombe bien, vu qu’à l’occasion d’un swap (ou échange) via Ravelry, j’ai reçu (entre autres) un certain nombre de sachets kool-aid.
Le kool-aid, vous vous rappelez? j’avais déjà fait joujou avec, et le résultat m’avait bien plu; par contre cette fois j’avais envie de le faire avec de la laine que je pouvais tricoter (et non de la fibre qui nécessite d’abord un filage, parce que le filage pour l’instant reste très lent de mon côté…).

J’ai donc acheté de la laine (de la laine à teindre, qui, en conséquence, je le rappelle, fait partie de mes exceptions acceptées dans le cadre de mon destockage massif de laine); blanche/écrue, cela va de soi.

ravellenic games - teinture country écrue lana ecologica écrue

Vous le noterez, toutes ces pelotes, hé bien, sont en pelotes… or pour de la teinture, la pelote c’est pas bien pratique. Une première étape pas des plus rigolotes a donc été de mettre tout ça en écheveau:

teinture au kool-aid pour les ravellenics

Des écheveaux pas très réguliers parce que je n’ai trouvé la bonne technique que sur les 3 derniers écheveaux. Et comme je suis sympa, je vous la donne la bonne technique: ce n’est pas le bras (façon enroulage de corde de marin, ça fait des écheveaux tout rabougris et irréguliers), ce n’est pas le dos de chaise (ça marche de l’écheveau à la pelote, mais dans l’autre sens, c’est profondément galère), c’est… le dévidoir! hé oui, le bon vieux dévidoir, aussi pratique pour passer de l’écheveau à la pelote que pour l’inverse.

J’ai aussi sorti de mon stash cette pelote géante offerte par Mistigree et qui me regardait depuis l’étagère où je l’avais remisée (la pelote, pas Mistigree) : rigolote, géante, mais qu’en faire? et le démon de la teinture a parlé: comme il y a de la laine dedans, je vais la teindre!! hahahahaha!!

la pelote géante
il manque quelque chose pour l’échelle, mais elle est vraiment géante, croyez-moi.

4 sortes de laine, 4 sortes de teinture! on n’expérimente pas à moitié chez nous, qu’on se le dise.
Une étape commune toutefois: le trempage, avec un ajout de vinaigre pour que ça prenne mieux, même si normalement avec le kool-aid y a pas besoin.

teinture au kool-aid pour les ravellenics
oh le beau plat de spaghetti!

Ensuite c’est là qu’on rigole :

– La première laine, l’echos bien dodue bien douce, j’avais déjà une idée assez précise de ce que je voulais en faire, piochée sur internet aux hasards de mes pérégrinations teinturesques. j’ai donc dilué le sachet de kool-aid dans un fond d’eau, en expérimentant d’abord la hauteur d’eau optimale pour que la laine ne soit pas totalement immergée.
ça donne ça:

teinture au kool-aid pour les ravellenics

et après cuisson, ça:

teinture au kool-aid de l'echos 1

ce qui correspond tout à fait à ce que j’avais en tête, donc banco.

– La deuxième laine, la country, qui est une laine à chaussettes, j’avais aussi une assez bonne idée de son avenir. Dans le même swap que mentionné ci-dessus, j’avais reçu de la laine toute rigolote, qui une fois tricotée donnait ça:

teinture au kool-aid pour les ravellenics

C’est-à-dire une photo très floue, mais surtout une laine avec des petits points de couleur flashy, répartis aléatoirement, et j’adore. C’était donc mon modèle.
Et pour ça, j’ai un peu improvisé.

teinture au kool-aid pour les ravellenics
La laine est étalée sur du plastique, les teintures dissoutes réparties chacune dans un petit gobelet, une seringue à portée de main.

et on pschitt à la seringue aussi aléatoirement que possible chacune des couleurs, pour arriver au chef d’oeuvre suivant:

teinture au kool-aid pour les ravellenics
oh! ah!

et en gros plan:

teinture au kool-aid pour les ravellenics

Toutes bien rangées/emballées pour la cuisson:

teinture au kool-aid pour les ravellenics
très important l’emballage, ça limite la migration de la teinture d’un bout de laine à un autre.

Une fois cuites :

teinture au kool-aid de la country

Je n’ai aucune idée de ce que ça pourra donner une fois tricoté, mais ça a belle allure dans tous les cas.

– 3ème laine, la lana ecologica, une vraie merveille de douceur, que j’ai même eu un peu peur de gâcher avec la teinture, mais il faut ce qu’il faut, je l’ai acheté pour la teinture, je la teinds!
Pour celle-là, pas d’idée précise, vaguement une envie de rayures, en tout cas de large portion de teinture. Sur un schéma identique à la country, on prépare son plan de travail.

teinture au kool-aid pour les ravellenics

Par contre on passe à du matériel un peu plus costaud, parce que le pschittage va aussi être plus costaud!

teinture au kool-aid pour les ravellenics
Tu l’as vue ma grosse seringue?

Bon, par contre niveau pschittage, je crois que j’y suis allée un peu trop fort…

teinture au kool-aid pour les ravellenics
oups y en a partout!

Et du coup, malgré l’emballage sous plastique, la teinture a migré dans toute la laine, et ça donne une teinture plus complète :

teinture au kool-aid de la lana ecologica 1

Ce n’est pas ma préférée au niveau des couleurs (un peu trop pastel à mon goût), mais soyez rassuré(e)s, la douceur est conservée, ça fera de magnifiques moufles!

– et, last but not least, la pelote géante. Pour celle-là, j’avais la flemme de la mettre en pelote, j’ai donc fait un truc de fous, une expérimentation au-delà du réel: je l’ai gardée en pelote. Je l’ai même plus que gardée en pelote, je l’ai saucissonnée aussi serrée que possible, avec comme idée une sorte de tie-and-dye pelotesque bizarre.

teinture au kool-aid pour les ravellenics
Tu l’as vu mon gros saucisson (ça s’appelle le comique de répétition)

En cours de cuisson, comme la teinture semblait avoir du mal à prendre, j’ai desserré les liens et « ouvert » la pelote pour laisser un peu de teinture entrer en coeur de pelote (je me suis dit que ça ne ferait qu’ajouter à l’aspect tie-and-dye du tout).
Et voilà le résultat:

teinture au kool-aid de la pelote géante 1
Vous noterez que je l’ai finalement tout de même mise en écheveau, parce que le centre de la pelote ne voulait pas sécher!

C’est sans doute ma préférée des 4, tout simplement pour l’expérimentation assez jouissive de la teinture en pelote…

Voilà c’est tout pour aujourd’hui, la prochaine fois, on va essayer de sortir un petit peu des sentiers battus de la teinture alimentaire…

Allez, une dernière photo pour la route:

teinture au kool-aid pour les ravellenics
Toutes mes jolies laines en train de sécher (où l’on voit que la pelote géante était encore en pelote…).

nouvelles expérimentations

L’autre jour à l’amap il y avait du rab d’épinard. et quand je dis du rab, c’était du rab.

J’en ai pris ma part et une partie de cette part remplissait tout simplement le carton ci-dessous.

carton

Le stylo donne l’échelle (et même si le carton n’est pas aussi épais qu’il est large ou haut, ça fait du volume)

Du coup j’ai fait cuire le contenu du carton à l’eau pour le congeler (j’en avais suffisamment par ailleurs pour déguster de l’épinard frais pendant 15 jours, pour vous donner une idée).

Bon bien sûr, une fois cuit, épongé, le carton géant d’épinards donnait ça:

épinards

oh le joli blob vert

et c’est en voyant l’eau de cuisson que mon cerveau a fait tilt..

eau

eau beigeasse + épinards pleins d’acide = un essai de teinture!!

Alors c’est ce que j’ai fait, après avoir fait trempouiller de la laine dans de l’eau pour l’imprégner (j’ai aussi ajouté un peu de vinaigre au cas où l’acide des épinards n’était pas suffisant), je l’ai fait doucement mijoter (la laine) dans l’eau de cuisson des épinards pendant une bonne demi-heure. Puis direction essorage et séchage, et…

voilà!

teinture 2 teinture 1

La vérité est quelque part entre les deux… (couleur difficile à rendre en photo)

La laine a pris une teinte un peu jaunâtre aux reflets vaguement grisâtres – rien de bien impressionnant, ni de bien sexy, mais je suis quand même bien contente d’avoir tenté!

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Et puis voilà-t-y pas que dans le panier amap suivant, j’ai eu des fèves.

Oui, ces fèves-là :

Vicia faba Fève Légumineuse

Fèves sous cosse, par Lamiot (Travail personnel) [GFDL ou CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0], via Wikimedia Commons

Qui, une fois écossées et cuites, donnent ça :

Vicia Faba, cuit, via Wikimedia Commons

Alors bien sûr, vous vous demandez, mais où veut-elle en venir? hé bien figurez-vous que jusque là je ne venais nulle part, je pensais que j’allais tout simplement boulotter mes fèves et puis voilà. D’ailleurs je ne les ai même pas prises en photo, c’est vous dire (et j’en profite pour remercier wikipedia pour ses photos).

Sauf qu’en voulant vider l’eau ayant servi à cuire les fèves – mais pas exactement l’eau de cuisson, puisque j’avais cuit les fèves à la vapeur, mais donc bien l’eau en-dessous des fèves, l’eau à vapeur – je lui ai trouvé une teinte incroyablement incongrue.

Une teinte un peu comme ça :

teinture 3 teinture 4

Quelque chose de rougeâtre maronnasse, donc, parfaitement inattendue venant d’une fève résolument verte.

Mon sang de teinturière en herbe (?) n’a fait qu’un tour, et rebelote, laine, trempage, vinaigre, mijotage… (il fallait que je teste, vous comprenez?)

teinture 5

J’ai fait passer le liquide dans un sachet de thé que j’ai laissé dans l’eau de mijotage, parce qu’il semblait y avoir pas mal de particules en suspension que je ne voulais pas spécialement récupérer sur ma laine mais dont je ne voulais pas perdre le potentiel tinctorial (hé ouais, je peux utiliser des mots compliqués si je veux).

et… (roulement de tambours)

teinture rose

ça donne quelque chose de délicatement rosé. La prochaine fois, je préparerai un peu plus soigneusement la laine (avec un peu de sel d’alun, mordant bien connu en teinture, qui permet de mieux capter le colorant sur la fibre), histoire de voir si ça change quelque chose, mais là j’avais trop hâte, j’ai fait au plus vite! et ma foi le résultat est sympathique!

On est passé du vert de la fève, au rouge-marron de l’eau de vapeur, au rose délicat de la laine! improbable mais vrai…

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Avec toutes ces expérimentations, quand au détour de notre voyage en Gironde nous passâmes devant une librairie qui avait ce livre en vitrine:

plantes à teinter

J’avoue, je n’ai pas résisté bien longtemps, je l’ai acheté… (en gros j’ai résisté jusqu’à ce que nos horaires collent avec les horaires d’ouverture de la librairie). Ben quoi? Faut bien soutenir le petit commerce local, non?

Expérimentations à suivre, donc…