Nous sommes le 31 janvier 2014…

…Et je vais donc profiter sans aucune honte (ou si peu) de la tradition qui me permet de vous souhaiter une bonne année jusqu’au dernier jour du premier mois de l’année…

Bonne année, donc!

et pour l’occasion, hop, un petit bilan de l’année 2013…

1/ Je n’ai toujours pas réussi à maintenir mon stock de laine sous contrôle.

laine_2013

(j’étais pourtant sur la bonne voie! jusqu’en octobre où tout a craqué…)

2/ J’ai su garder mon stock de livres sous contrôle.

livres_2013

J’ai même fini l’année plutôt en beauté.

3/ J’ai su, heu, totalement garder mon nombre d’articles de blog sous contrôle.

blog_2013

ahem.

::sifflote innocemment et s’éloigne discrètement...::

Crevettes sautées aux légumes et à la coriandre

Il me semble que c’est Larkéo la première qui, dans son premier petit blog dans le pré, proposait des recettes tout aussi gastronomiques que littéraires.

À la lecture du très bon 1Q84 de Haruki Murakami, je ne peux m’empêcher de faire écho à Larkéo et de vous proposer, à mon tour, un petit détour tout aussi littéraire que gastronomique…

1q84_01q84_11q84_2Bon appétit!

PS: Un nom flouté pour ne pas révéler trop de choses aux potentiels futurs lecteurs.

PS2: oui, je sais, vous vous attendiez sans doute à une aventure trépidante au pays de la teinture ou à un projet tricot un peu fou. C’est prévu, promis, c’est prévu! L’inspiration n’est pas trop au rendez-vous dernièrement, mais ça reviendra, ne vous inquiétez pas…

Je ne sais pas ce qu’il s’est passé…

Je suis rentrée dans une librairie pour acheter un guide de voyage.

Je suis ressortie avec ça:

que s'est-il passé (2)

Et voilà-t-y pas que c’était pas le bon guide. Je suis donc allée chercher le guide adéquat, et paf!

que s'est-il passé (1)

C’est comme une sorte de magie incroyable, les livres se jettent dans mon sac…

Tout ça pour dire, je continue à suivre la diminution de mon stock de livres (comme je suis la diminution de mon stock de laine), mais c’est pas gagné tous les jours (comme pour mon stock de laine, d’ailleurs…)

Bilan mensuel: janvier et février

J’avais prévenu, histoire de rester au taquet sur mes objectifs de vidage d’appart, je vais tenter de me tenir à un bilan mensuel de mon stock de livres et de mon stock de laine. J’ai ce secret espoir que de faire ce suivi au vu et au su de tous, ça me permettra de m’y tenir plus facilement. Bon, on attend de voir malgré tout, hein. :-]

Comme je ne l’avais pas fait en janvier (le temps que je me réveille du réveillon)(histoire de trouver une excuse bidon et une jolie allitération), ce premier bilan sera sur janvier et février, soyons fous.

Les livres, tout d’abord, et parce que vous n’aviez même pas eu droit au joli graphique de 2011, et que je sentais bien que ça créait comme un manque et un déséquilibre, hop un petit retour sur 2011.

Gardons à l’esprit que lire un livre c’est positif, donc plus les barres sont au-dessus, mieux c’est.

On voit donc que 2011 était bien parti, mais a plutôt mal fini… C’est que j’ai lu pas mal de livres, mais ça n’a pas suffi à compenser les livres récupérés aux miteupes, les livres imposés par monsieur et surtout, les cadeaux.

Les cadeaux de noël ont fait mal, très mal.

Et je finis donc 2011 avec 7 livres en plus que je ne l’ai commencée… c’est pas si terrible que ça, finalement, si?

Pour ce qui est de janvier et de février,

En Janvier, j’ai fini 5 livres et j’ai récupéré 1 livre

youhou!!

En Février, j’ai fini 3 livres et j’ai récupéré 2 livres

wouéé!!!

2 mois excellents, un bon début d’année, je m’autocongratule sans pitié.

La laine, comme vraiment je n’ai que ça à faire et surtout que ça m’amuse comme une petite folle, j’ai fait des petits zgouigouis.

La symbolique est d’une simplicité aussi incroyable qu’évidente:

1 pelote = 50g de laine

les parties de pelote ne sont pas des erreurs de bidouillage sur gimp, c’est que c’est rare qu’un tricot fasse un compte rond de pelote, et j’ai même des pelotes qui ne sont pas des multiples de 50g. Je mets donc des parties de pelote, parce que je suis comme ça, toute dans la précision et l’honnêteté (qui a dit « maniaco-compulsive »??).

rouge = pas bien ! c’est donc de la laine que j’ai achetée ou récupérée,

vert = bien ! c’est donc de la laine donnée ou tricotée.

En janvier :

ahem. oui, le rouge l’emporte sur le vert… Pas bien!

En février

ouiiiiii! le bilan est plus que positif, puisque je n’ai acheté qu’un seul écheveau et j’ai fini plein de trucs!

encore une fois, une petite autotape dans le dos en guise de félicitations.

La difficulté étant, bien sûr, de se rappeler que se récompenser en s’offrant de la laine est une mauvaise idée. hé oui. :-]

et comme je suis une gueudin malade, j’ai décidé que mars serait un mois sans achat de laine! hé woué, je m’ajoute des défis comme ça, je n’ai peur de rien…

yaourt : oui mais à quoi?

alors, comme promis, une petite synthèse des recettes proposées par, vous commencez à le connaître, mes petits pots de yaourt.

potsdeyaourt(vous croyez que je devrais demander une commission?)

En gros, on peut classer les recettes du bouquin en 3 catégories, illustrées avec une maestria certaine (et une tablette graphique) sur le schéma suivant :

yaourt

option 1 : on ajoute un ingrédient (ou plusieurs) en dessous ou au dessus du mélange ferment + lait, ce qui fait un yaourt-aux-fraises-comme-les-paniers-bonne-maman.

l’ingrédient peut être de la confiture, de la compote, des fruits un peu cuits, ou autres préparations à base de fruits.

plus original, on y met des fruits secs, oléagineux divers et variés, céréales sous toutes leurs formes, caramel, pralin, chocolat, lemon curd (miam!).

(encore plus original: on met tout ça en même temps! mais je déconseille, vraiment)

tout cela n’a pas l’air dégueu, mais je ne vois pas bien l’intérêt de le mettre avant la préparation du yaourt. c’est comme le yaourt à la fraise du commerce: autant acheter du yaourt nature et de la confiture de fraise et de mélanger soi même, c’est moins cher et ça a en plus l’avantage d’être complètement à son propre goût. dans le cas du yaourt fait maison, ça limite les risques de plantage de yaourt (yaourt non pris, trop liquide, trop acide, etc.).

donc, bon.

yaourt en dessous et mélangétrès jolie représentation conjointe de l’option 1 et de l’option 2, c’est juste couillon que ce soit la même image que la couverture, mais là vous pouvez cliquer dessus pour la voir en plus grand, mais est-ce pensable de faire une légende d’image aussi outrageusement longue?

option 2 : là ça devient plus intéressant, on mélange un ingrédient (ou plusieurs) au mélange lait + ferment (souvent au lait d’abord, d’ailleurs), puis on laisse prendre, on a un yaourt aromatisé.

alors certes, on me fera remarquer que le yaourt à la fraise du commerce, c’est souvent un truc mélangé, donc on pourrait se dire kif kif pareil que l’option 1, pourquoi s’embêter.

sauf que…

sauf que les ingrédients proposés sont ach’tement plus originals.

on pourra citer par exemple:

– de la glace (qu’on aura laissé fondre)
– du café (qu’on aura laissé refroidir)(enfin dans le livre ils proposent de prendre du café lyophilisé, mais je me dis que du vrai café c’est pas plus mal, mais je crois que le laisser refroidir reste une bonne option)
– du chocolat en poudre
– du caramel
– de la pâte à tartiner (mais oui, du nut*lla!)
– des choses à faire infuser, comme des épices, ou des sachets d’infusion

on peut aussi citer des trucs plus bizarres, comme:

– des choses qui vont colorer de manière très jolie (?) les yaourts:

yaourt fluo (curaçao, liqueur de fraise, crème de cassis, liqueur de menthe, dans le désordre)

– des galettes de riz et barres de céréales (bon là, pour le coup, je ne suis pas sûre que ça amène grand chose à l’affaire)

– encore plus bizarre, des crêpes suzette (à faire infuser)(hein?), ou des oeufs (o_O)

yaourt bizarrecrêpe suzette et oeuf (glurps)

– et c’est pas fini dans le bizarre, des trucs salés, comme du gaspacho (en haut à gauche) ou des lentilles (en bas à gauche) O_o

yaourt salégaspacho, concombre aneth et ail, lentilles et coriandre, coriandre et cumin

bref, des trucs dans l’ensemble originaux, mais pas forcément toujours tentants. Je me dis, qu’effectivement, mélanger avant la prise du yaourt peut aboutir à des yaourts aromatisés vraiment originaux et inattendus ; et puis les variations sont multiples, entre les différents goûts de glaces et les différentes infusions possibles, de quoi tester et expérimenter. Mais encore faut-il oser tester : j’aurais peur de foirer le yaourt en lui ajoutant des ingrédients trop space!

Idée : sur une tournée de yaourt, faire plusieurs essais, en garder en tout cas une partie nature pour éviter de planter toute la tournée!

option 3 : ça va être vite torché, c’est juste une combinaison de l’option 1 et l’option 2, un ingrédient au-dessus ou en-dessous, un ingrédient mélangé au préalable au lait.

pour mon opinion, je vous renvoie aux paragraphes précédents :)

en plus de tout ça, quelques recettes salées et sucrées utilisant des yaourts, type tzatziki ou gâteau au yaourt, je n’ai pas creusé, ce n’est pas pour ça que je l’ai emprunté, ce livre!

————————————–

et pour conclure, un exemple d’utilisation qui fait miam, inventée par moi même de mes blanches mains et de mes gris neurones (trop ça donne envie, dis donc) :

yaourt miam

un goûter improvisé avec pétales de maïs, amandes, raisins secs et noisettes – yabon.

et vous, oui, surtout toi qui as une yaourtière, oui, toi, ne fais pas semblant, est-ce que vous avez déjà tenté des trucs bizarres?

2009

Je ne considère pas ça comme un passage obligé, mais j’aime bien, finalement, cette idée des bonnes résolutions de début d’année, c’est un peu comme un bilan sur ce qu’on a fait de bien, de pas bien, et d’essayer d’y remédier (enfin à ce qu’on a fait pas bien, comprenons-nous bien)(comment ça c’est pas clair?)

bref.

l’an dernier j’avais posé comme bonnes résolutions entre autres ces quelques trucs:
– ranger mon espace bureau
en 2008 :

en 2009 :

C’est globalement réussi, même si ça n’en a pas l’air, mais c’est parce que les travaux appart ne sont pas finis et nécessairement il traîne encore ici ou là des outils et autres accessoires bricolagesques, donc non non c’est pas ma faute. le tas de vêtements? quel tas de vêtements? ah celui-là, oui non mais c’est très bien rangé, hein, c’est le tas à raccommoder, ranger chez moi c’est exactement ça: faire des tas homogènes, histoire de s’y retrouver…

– ne pas acheter ni emprunter de livres qui pourraient encombrer ma pàl
question achat ou emprunt à la bibliothèque, je crois que je peux me mettre la note maxi, j’ai été héroïque
par contre question emprunt aux bookcrosseurs… oups oups oups
je n’y peux rien, les miteupes et les bookcrosseurs sont trop tentateurs, voilà

et pour 2009 alors?
alors déjà: continuer autant que faire se peut à ne pas trop encombrer la pàl (sur ce coup-là, c’est un peu raté, j’ai déjà acheté un livre et emprunté quatre livres à la biblio, gloups!)
et puis pour rester dans les livres, mais pas que (cette résolution-là va être bien plus sympa): essayer des recettes dans au moins chacun de mes livres de cuisine.
et ne vous inquiétez pas, y a de quoi m’occuper…

Y en a quand même beaucoup dans lesquels j’ai déjà testé des recettes, mais cette année je vais tenter un passage en revue général, une recette minimum par livre, et pour ceux où j’ai déjà fait des recettes, ce sera une recette non encore tentée (quand même).
Et vous savez quoi? j’ai déjà fait un tableau excel de mes livres de cuisine pour suivre cette résolution…
c’est la honte, hein?
oui un peu quand même.
pire que tout: j’ai fait la liste pratiquement entièrement de tête (avec juste quelques imprécisions dans le titre).
si.
je suis une geekette maniaque.
:-]

NB: en vrai la liste de mes résolutions était beaucoup plus longue que ça. ne m’en parlez pas, c’est la honte j’ai vraiment pas tout respecté… -_-

petits bonheurs du jour

j’ai fini peinture et enlevage de parquet dans la deuxième partie du salon

knitty a sorti son nouveau numéro avec des modèles qui me font trèèèèèès envie

et ravelry a un groupe pour les fans de terry pratchett, la ankh-morpork knitter’s guild

c’est absolument inutile, et c’est parfaitement jouissif


(bon faire un lien vers ravelry c’est un peu snob, vu que le site n’est accessible que pour les inscrits, et que l’inscription c’est 15 jours de file d’attente, mais là vraiment, c’est mon petit bonheur de fou de la journée, alors zut)

des livres! des livres!

beauté bio

J’ai acheté ce bouquin sur aroma-zone, parce qu’il me paraissait joli, et qu’il proposait pas mal de recettes variées. J’espérais ainsi avoir une bonne base pour me lancer en confiance dans les cosmétiques fait maison (j’aime bien avoir du papier sous les yeux quand je me lance, ça me rassure)

sauf que…

en fait ce livre n’est pas fait pour les débutants: les méthodes ne sont pas explicitées, il n’y a aucune photo montrant concrétement la réalisation des produits, seulement des jolies photos des produits mis en scène. Il faudra attendre que j’aie pris confiance en moi dans la réalisation des cosmétiques pour que ce livre me serve à quelque chose…
un petit plus : tout au long du livre sont présentées des pages d’information plus spécifique – la composition des produits de beauté, le gommage au naturel, tout tout tout, vous saurez tout sur le zizi la gelée royale (désolée elle était facile, celle-là), etc. c’est assez intéressant, ça permet de prendre du recul par rapport à la « création » d’autres produits.

cosmé bio

hé oui, j’ai acheté deux livres de cosmétiques bio, hé non, c’est pas raisonnable.

mais en fait, très sincérement, ce livre-là je l’ai acheté plus par pur soutien pour la maison d’édition que j’adore : terre vivante.

Terre vivant, c’est aussi et avant tout un centre de présentation et d’expérimentation de pratiques environnementales en matière de bâtiment, de gestion de l’eau et de jardinage, et c’est très intéressant. Allez les voir! achetez leurs livres! c’est très bien.

Et puis à la lecture, le livre aussi est très bien ; il accorde une large partie à la présentation des produits de base, sans se contenter des « classiques » huiles végétales et huiles essentielles, mais aussi des produits plus faciles à trouver, comme les oeufs, le vinaigre, le miel, etc.
On trouve ensuite une présentation assez généreuse sur la préparation des produits – précautions d’usage, matériel, etc.
Enfin, les recettes de cosmétique sont bien foutues, présentant les principes de base de la recette suivant le type – baume pour les lèvres, shampooings, soins des pieds, etc. – puis proposant un panel d’ingrédients adaptables à la recette présentée, suivant par exemple le type de peau. Je trouve ça carrément intéressant, ça permet de varier à peu près à l’infini les recettes.

Bon ben, on dirait que le voilà mon livre de base pour me lancer dans les cosmétiques bio en toute confiance!

tout cru

j’entame ici une nouvelle rubrique avec les livres, ce sera juste quelques petits avis sur des livres en relation avec le sujet de ce blog ; pas d’avis, donc, sur le dernier roman de Terry Pratchett, ou la dernière bédé d’Etienne Davodeau (pour ça, allez plutôt faire un tour sur l’agora des livres).

et j’entame avec un livre de cuisine, tout cru de Julie Andrieu.

tout cru

bon déjà, première déception: je pensais trouver un livre vraiment sur le cru, au sens ingrédients crus du terme, cuisine crue comme certains la préconisent comme solution pour se détoxifier, aller mieux ou tout autre raison plus ou moins argumentée.
je ne suis pas froncièrement pour la cuisine crue, comme ça sans argumentation, mais pourquoi pas en tenter un peu de temps en temps? c’est comme tout: la modération, ça a du bon.

mais bon bref, je m’égare, de toutes façons ce livre c’est pas du tout ça. En fait j’aurais dû juste lire le sous-titre « la cuisine sans four ni casserole ». hé oui. en fait dedans c’est plein de produits pas crus.

C’est pas grave, ça reste un livre de cuisine, ça peut toujours m’intéresser.
Sauf que…

sauf qu’en fait aucune des recettes ne me fait vraiment envie là comme ça en feuilletant. Et en m’arrêtant sur certaines comme ça au gré des pages, je me rends compte qu’elles sont plutôt compliquées, avec parfois des ingrédients assez tordus.

Aïe.

Pas du tout le genre de recettes qui me plaisent, celles où je suis obligée d’acheter exprès tous les ingrédients de la liste, vraiment ça ne me tente pas. pour en plus des recettes qui n’attirent même pas l’oeil. certaines même me font un peu peur, avec des mélanges salés-sucrés qui me paraissent vraiment osés. J’avoue une petite frilosité avec la cuisine à l’occasion (suis pas assez sûre de mes talents culinaires pour me lancer dans des trucs qui, à la base, sont susceptibles de ne pas me plaire).

et puis y a pas de photo. J’avoue, j’aime bien les jolies photos de manger. forcément, ça me donne envie de manger. donc de cuisiner. hé oui.

donc c’est pas grave, tout cru va rejoindre les rayons de la bibliothèque de Paris dès demain…

Z

13juin2006_t-zeugma

Zeugma n.m. (mot grec signifiant réunion). Procédé tordu qui consiste à rattacher grammaticalement deux ou plusieurs noms à un adjectif ou à un verbe qui, logiquement, ne se rapporte qu’à l’un des noms. Suis-je clair? Non? Bon.
Exemple de zeugma: « En achevant ces mots, Damoclès tira de sa poitrine un soupir et de sa redingote une enveloppe jaune et salie » (André Gide). C’était un zeugma.
En voici un autre: « Prenant son courage à deux mains et sa Winchester dans l’autre, John Kennedy se tira une balle dans la bouche » (Richard Nixon, J’ai tout vu, j’y étais).
Plus périlleux, le double zeugma: « Après avoir sauté sa belle-soeur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane » (Saint-Exupéry, Ça creuse).
Tel est le zeugma. Il était bon, ami lecteur, que tu le susses. Oh, certes, on peut très bien vivre sans connaître la signification du zeugma. Une récente statistique nous apprend que plus de quatre-vingt-quinze pour cent des mineurs lorrains ignorent totalement ce qu’est un zeugma!! Est-ce que cela les empêche d’aller au charbon en sifflotant gaiement la Marche turque? Mais introduisez maintenant l’un de ces mêmes mineurs dans un salon mondain, et branchez la conversation sur le zeugma: qui a l’air con? C’est le merle des corons, avec ses gros doigts noirs sur la flûte à champagne. Il ne lui restera plus qu’à filer en tâchant de reprendre sa dignité et sa pioche dans le porte-parapluie, et de réintégrer son HLM horizontale en sifflotant tristement le final de l’Œdipus rex de Stravinski.

extrait du grand, de l’immense, du magnifique et incomparable Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis de Pierre Desproges